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Politique Il y a 8 jours
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Souveraineté alimentaire et entrepreneuriat rural : Elhaj Zanguina Ibrahim, la passion de la semence

— Alors que le Niger place la souveraineté alimentaire au cœur de ses priorités stratégiques, les acteurs du secteur agricole privé jouent un rôle clé sur le terrain. Reçu sur le plateau de l’émission « Savoir-Faire et Terroir » sur Niger Times TV, présentée par Issa Saley, Elhaj Zanguina Ibrahim, agronomie de formation et promoteur de l’entreprise semencière privée Husa’a, est revenu sur seize années d’engagement au service du monde rural.

Is
Issa
Journaliste Niger Times
Souveraineté alimentaire et entrepreneuriat rural : Elhaj Zanguina Ibrahim, la passion de la semence

Une expertise technique au cœur du système semencier

Créée en janvier 2010 à Dosso, l'entreprise Husa’a s'est imposée comme un maillon essentiel de la chaîne de valeur agricole régionale. Pour cet agronome chevronné, la réussite d'une campagne agricole repose avant tout sur un facteur fondamental : la qualité de la semence.

« La semence est la base de la production. Même si vous réunissez une bonne pluviométrie, un sol fertile et des engrais, sans une semence de qualité, le rendement ne sera pas au rendez-vous », explique Elhaj Zanguina Ibrahim.

Afin de répondre aux défis du changement climatique, Husa’a collabore étroitement avec les institutions de recherche nationales et internationales, telles que l'Institut National de la Recherche Agronomique du Niger (INRAN), l'ICRISAT ou l'IITA. L'entreprise multiplie les semences de base fournies par la recherche pour produire des semences certifiées de variétés améliorées (mil, niébé, sorgho, maïs, sésame, arachide). Ces variétés se distinguent par leur précocité et leur haut rendement, adaptées aux contraintes pluviométriques actuelles.

Le savoir-faire paysan et l'exigence du terrain

Loin d'imposer des solutions théoriques, le promoteur de Husa’a prône une approche participative articulée autour du savoir-faire local :

  • Essais en milieu paysan : Les nouvelles variétés créées par la recherche font l'objet de démonstrations et de tests de terrain auprès des producteurs afin de vérifier leur adéquation avec les réalités locales.
  • Conseil technique et vulgarisation : Lors des ventes, l'entreprise apporte un accompagnement personnalisé sur le calendrier d'installation des cultures, la distinction entre pluies utiles et ruptures pluviométriques, ou encore la gestion des spécificités des sols (des plateaux de Dosso aux zones sablonneuses de Falmey ou Boboye).
  • Rigueur des mesures : En conformité avec les services de métrologie du Ministère du Commerce, les semences et engrais sont vendus au kilo ou au gramme près (grâce à des balances de précision), permettant d'adapter les achats au pouvoir d'achat des petits producteurs.

Modèle économique et partenariat public-privé

Face à l'immensité des besoins, Elhaj Zanguina Ibrahim souligne la complémentarité indispensable entre l'État et le secteur privé. Tandis que l'État finance la recherche et assure le contrôle réglementaire (délivrance d'agréments, inspections de champs par les services de l'agriculture, certification de germination par la Direction Générale de l'Agriculture), le secteur privé assure la multiplication et la distribution de proximité.

Un impact socio-économique concret sur le monde rural

  1. Contractualisation et création de revenus : Husa’a collabore sous contrat avec une trentaine de producteurs semenciers répartis dans l'ensemble des départements de la région de Dosso. En leur fournissant des appuis en intrants et un encadrement technique, l'entreprise leur garantit le rachat de leur production à un prix rémunérateur (valorisant par exemple le sac de niébé de qualité semencière jusqu'à 50 000 ou 60 000 FCFA, contre environ 25 000 FCFA sur le marché ordinaire).
  2. Proximité et digitalisation : Pour faciliter l'accès aux intrants dans les zones reculées (Koygolo, Soucoucoutane, Falmey), Husa’a s'appuie sur un réseau de points de vente et intègre les outils digitaux (commandes et paiements mobiles avec livraison via les transporteurs locaux).
  3. Relais des politiques publiques : L'entreprise participe à l'effort national de distribution d'engrais en servant de point de vente secondaire pour la Centrale d'Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA), rétablissant l'accès aux engrais (NPK, Urée) à des prix subventionnés au profit des producteurs.

Un engagement pour l'autosuffisance nationale

Par son parcours et la structuration de son entreprise, Elhaj Zanguina Ibrahim incarne la montée en puissance de l'entrepreneuriat agricole nigérien. Passé de quasi-inexistant dans les années 1990 à plus d'une vingtaine d'entreprises structurées aujourd'hui, le secteur semencier privé constitue un pilier de la politique de refondation et d'autosuffisance alimentaire du pays.

« Le Niger n'a pas à se tourner vers l'extérieur pour importer des semences que nos paysans doivent utiliser. C'est à l'intérieur du pays que nous devons les créer et les diffuser », conclut le promoteur de Husa’a.


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